Génèse de l’association

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Le projet de création d’un espace social et de santé participatif est né de la rencontre d’un groupe de femmes migrantes et de professionnel-le-s du secteur social et médical.
En 2009, ce groupe de professionnel-le-s crée une association, Globe² (hébergée dans un centre social) pour organiser bénévolement des ateliers collectifs sur la santé et les droits sociaux des migrant-e-s. Ces professionnel-le-s ont en commun un intérêt pour les démarches de santé communautaire et d’éducation populaire qui s’est notamment traduit par diverses rencontres avec des acteurs ( La case de santé à Toulouse, La place de santé en Seine Saint-Denis, des centres de santé communautaire à Montréal , à Bruxelles, etc.) qui promeuvent ces cadres d’intervention.
En 2011, le bilan de l’activité de l’association met en exergue des difficultés spécifiques des femmes migrantes âgées, sur le plan de l’accès aux droits et à la santé.
En septembre 2012, l’assistante sociale bénévole entreprend en formation continue une recherche action sur le thème de la santé des femmes migrantes âgées (Master 2ème année Ingénierie Projets Actions Communautaires et Territoire, Université Jean Monnet, Saint-Etienne) .
Le choix méthodologique de la recherche action a été essentiel car nous souhaitions que les femmes soient actrices de la recherche. Nous voulions utiliser la recherche action comme un outil conscientisant avec une démarche collective d’appropriation des données et d’élaboration de réponses adaptées.
De Mars à Juin 2013, un groupe fixe de 12 femmes migrantes de 50 ans et plus et de quatre professionnel-le-s participe ainsi à divers ateliers autour des questions de santé (groupe de parole filmé, photo-langage).
Les études sur le sujet font apparaître que, bien que l’on dispose de peu de données épidémiologiques sur l’état de santé des populations immigrées, celui-ci est bien moins bon que celui des populations non-immigrées, avec une tendance encore plus prononcée pour les femmes dont l’état de santé est encore plus détérioré.
Les acteurs et actrices du secteur médico-social rencontrés pour cette étude ont fait état d’une méfiance des immigré-e-s à l’égard des soins professionnels, des rencontres problématiques liées aux difficultés de langue et à une méconnaissance par ce public des dispositifs sociaux et de santé et, un recours tardif aux soins (principalement en situation d’urgence).
Les femmes associées à l’étude ont souligné d’autres facteurs à l’origine du non recours ou d’abandon de soins. Cette étude a permis d’établir que les discriminations liées aux origines, au genre et à l’appartenance à une classe sociale précaire interagissent en ayant des effets délétères sur la santé. Les femmes ont témoigné de diverses expériences perçues comme des discriminations ethniques dans les interactions avec les personnels administratifs, sociaux ou de santé. Des différenciations pour des motifs matériels s’opèrent aussi (ex : refus de soins pour les bénéficiaires de la CMU par certains médecins). Enfin, le statut de femme porte préjudice à la santé quand il se traduit soit par des violences dans l’espace domestique, soit parce que les femmes privilégient le soin qu’elles apportent aux autres, soit par l’exclusivité dans la réalisation des tâches domestiques, souvent pénibles, invisibilisées donc fortement dévalorisées. A contrario, l’étude a permis de repérer une culture assez forte d’entraide et de solidarité entre femmes qui sont autant d’éléments favorables à la santé. De même, les femmes maghrébines âgées ont su s’approprier l’espace public et créer des réseaux de sociabilité qui leur permettent de partager des informations, d’élaborer des stratégies utiles à la connaissance et à la revendication de leurs droits. Le soutien et le développement de ces réseaux informels, souvent invisiblisés, la reconnaissance et la valorisation des compétences et savoir-faire déployés pour accéder à leurs droits et à prendre soin des autres, sont autant de leviers d’action à l’origine du projet.
La recherche action a eu des effets bénéfiques à plusieurs niveaux. D’une part, elle a créé une dynamique collective qui s’est traduite par la volonté de poursuivre la réflexion et de mettre en place des actions adaptées. D’autre part, l’étude a permis de pointer les discriminations de santé et l’absence de structures locales sur ce thème, associant les personnes concernées. Enfin, les ateliers ont constitué un terrain d’entraînement au mode d’échanges et à la modalité de prise de décision collective.
A la restitution des résultats de la recherche avec les femmes, nous avons décidé collectivement de l’ouverture d’un espace ressource, de rencontres, d’échanges de savoirs sur la santé, d’entraide, et de médiation avec les réseaux institutionnels.
Le 1er Février 2014, l’ESSP, Espace Social et de Santé Participatif (acronyme choisi collectivement par brainstorming) ouvre ses portes près de la Place Chavanelle à Saint-Etienne (42).
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